Légume du mois : la fève

Les fèves, une vieille Histoire

Avec la fève, c’est à l’un des plus vieux ancêtres du monde des légumes qu’on s’adresse. Difficile donc de faire court tant son histoire est riche est mouvementé.

« La fève est consommée et cultivée couramment depuis les temps préhistoriques. Sa forme étrange qui évoque l’embryon lui confère un rôle important dans de nombreux rites antiques. Chez les anciens Egyptiens, le champs de fèves est le lieu où les morts attendent leur réincarnation. Les fèves symbolisent le foetus ; elles sont le premier don de la terre au printemps, des morts aux vivants. Liée à la fécondité de la terre, les fèves sont d’une manière générale considérées comme symbole des bienfaits et de la prospérité des morts. Au Moyen-Age, c’est essentiellement le symbole de vie qui subsiste, ce qui explique la place qu’elle occupe dans les cérémonies de mariages et de labours. La fonction alimentaire est importante : la soupe de fève fait partie de la vie du paysan. S’inspirant des Grecs qui votaient à l’aide d’une fève blanche ou noire indiquant l’acquittement ou la condamnation, elles servent aussi de jeton de vote. »(1).

« Longtemps considérées comme la « viande du pauvre », les feves et autres légumes de la même famille botanique des « fabacées » ou « légumineuses » ont des siècles durant apporté les ressources en protéines nécessaires à l’équilibre alimentaire. La « richesse » croissant, elles tombent en désuétude au profit d’une alimentation carnée. On en produit actuellement en France 5 fois moins qu’en 1880. » (2)

« La fève est cependant consommée dans le bassin méditerranéen depuis l’Antiquité mais c’est surtout au Moyen-Age et à la Renaissance que la fève trouve vraiment sa place dans l’alimentation humaine. Elle paraît avoir été un des principaux légumes du paysan français avec les choux, les raves, les aulx, poireaux et oignons. N’oublions pas qu’avant la découverte de l’Amérique et des haricots, le cassoulet était confectionné avec des fèves » (3).

« Les fèves étaient le plus généralement consommées séchées. La récolte était battue comme une céréale pour extraire la graine des gousses avant d’être soit broyée en farine (qui pouvait d’ailleurs être panifiée ou rentrer dans un mélange de différentes farines) ou stockées en grains. Il fallait alors pour les consommer se prêter à la fastidieuse opération de dérobage, consistant à les débarrasser de leur enveloppe externe trop dure pour être consommée. Il serait trop long d’aborder ici toutes les formes de consommation et les divers emplois que celles-ci ont connu, qu’elles soient par exemple séchées et réduites en farine pour entrer dans l’ordinaire du soldat romain, et de bien d’autres régimes alimentaires de populations rurales. Tandis que cueillies vertes avant maturité, offrant donc moins de rendement, on les retrouvait dans le quotidien de plus riches familles » (2).

Qualités nutritionnelles des fèves

« La fève ainsi que d’autres légumes secs (haricot, lentilles, pois, pois chiches) sont des aliments exceptionnels,  des sources de protéines sans équivalent. Elles renferment entre 20 et 25 de protéines. La viande varie de 16 à 25 et celle du poisson de 14% à 20.

L’association céréales et légumineuses est souvent présente dans les plats végétariens. Elle est même recommandée pour équilibrer l’apport en protéines des plats. Les légumineuses renfermant un certain type d’acides aminés et les céréales d’autres, il est important de les consommer en même temps, pour en tirer le meilleur profit de ces aliments. Un exemple : du point de vue de l’apport protéique, ¾ de tasse de légumineuses et deux tasses de riz équivalent à 190grammes de bifteck si elles sont mangés séparément et à 270 grammes si elles sont mangés ensemble.  Les fèves contiennent autant de calcium que le camembert ou le fromage blanc. Elle sont riches en fibres aidant aussi bien à vaincre la constipation qu’a prévenir des maladies cardiovasculaires, certains cancers et le diabète. » (4).

Bref, c’est la plus nourrissante des légumineuses. Et en plus sa symbiose au niveau racinaire avec des bactéries lui permet de fixer l’azote atmosphérique de l’air, véritables micro-usines de substances azotées.  Ce moyen naturel d’augmenter la fertilité de nos sols est utilisée dans nos champs pour augmenter nos rendements.

A vos recettes !

(1). «La collection de Fèves» Par Huguette BOTELLA et Monique JOANNES, Édition AZ GRAPHIC.

(2). « De l’histoire des fèves et petits pois », Ferme de Sainte Marthe.

(3). http://chefsimon.lemonde.fr/articles/produits-les-feves

(4). « Fabuleuses légumineuses » par Claude AUBERT, Edition Terre Vivante

 

Lorena.

 

Add a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *